Au début du XXème siècle, les neurologues utilisaient fréquemment
l’électricité, sous forme de courant faradique (courant continu obtenu par piles
et transformé en courant alternatif asymétrique par induction magnétique, pour
traiter les paralysies hystériques. Cette technique, appelée « Faradisation »,
était appliquée au niveau des membres paralysés, avec une certaine efficacité.
Le problème majeur de cette technique était son caractère douloureux. Le courant
doit d’abord traverser la peau avant d’arriver aux muscles et nerfs
périphériques. La peau est très résistante, entrainant une perte de courant et
de la douleur. Cette technique a été particulièrement utilisée durant la
première guerre mondiale, du fait d’une épidémie de phénomènes neurologiques
fonctionnels, avec une certaine efficacité mais de façon particulièrement
barbare (voir « la grand guerre » dans le menu patients). Par la suite, cette
méthode a été largement délaissée.
Dans les années 1980, un premier appareil de stimulation magnétique
transcrânniene (SMT) a été mise au point, permettant de stimuler avec une bobine
circulaire et de façon non douloureuse, une grande partie de la surface
corticale de la convexité cérébrale. Le principe est le suivant : un
condensateur décharge dans une bobine circulaire pour produire un champ
magnétique variable. Ce champ magnétique traverse la boite crânienne sans
résistance et induit un courant circulaire dans le cortex cérébral qui, du fait
de sa constitution (plusieurs milliards de neurones et leurs axones), est
assimilé à un circuit fermé. Selon la loi de Faraday, un champ magnétique
variable induit un courant électrique dans ce circuit fermé, qui, dans le cas de
la SMT, va activer les neurones corticaux. La première utilisation de ce type de
stimulation était à visée diagnostic. Chaque stimulation, entraînant une
contraction musculaire diffuse sur les membres, permet un calcul une latence et
d’explorer la voie motrice finale. Dans un deuxième temps, la SMT a été et est
encore très utilisée à visée thérapeutique mais de façon « focale »,
c’est-à-dire en stimulant quelques cm² de cortex cérébral avec une bobine en
forme de huit.

Bobine en forme de huit
Ce type de stimulation n’est envisageable que pour les pathologies ou il
existe une cible identifiée. C’est le cas de la dépression (cortex dorsolatéral
préfrontal) et des douleurs neuropathiques (cortex moteur). Le traitement se
fait sous forme de séances d’environ 4000 stimulations sur la cible à une
fréquence de 5 à 20 HZ (activatrice). Le traitement consiste le plus souvent en
une série de cinq séances sur cinq jours successifs puis des séances de rappel
tous les mois.
Pour les troubles neurologiques fonctionnels, les réseaux sont complexes (voir
hypothèses
physiopathologiques) et c’est probablement pour cette raison que la SMT «
focale » ne marche pas. En l’absence cible, une SMT « large champ » avec une
bobine circulaire est plus logique.

Bobine circulaire
Une séance consiste habituellement en une soixantaine de stimulations
transcrâniennes à 1 HZ au seuil moteur. La stimulation périphérique à 3 HZ sur
les régions déficitaires ou douloureuses a une efficacité complémentaire. Cette
stimulation magnétique traverse la peau de façon indolore et crée des courants
en profondeur qui vont stimuler les filets nerveux qui, par voie rétrograde,
peuvent influencer les systèmes de contrôle correspondants et améliorer les
symptômes neurologiques fonctionnels. On peut considérer la stimulation
magnétique périphérique comme la forme moderne de la faradisation des
neurologues du début du XXème siècle, plus efficace et surtout beaucoup moins
douloureuse.
Dans les paralysies, une séance unique peut suffire. Dans les fibromyalgies,
trois séances espacées de trois semaines sont souvent nécessaire pour déterminer
si le patient répond à ce type de traitement. Il faudra, par la suite, faire des
séances d’entretien espacées de 1 à 3 mois. L’effet thérapeutique peut être
immédiat (voir fibromyalgie
dans le menu déroulant patient) ou, le plus souvent apparaître au bout de
quelques jours. Mais cet effet est transitoire, d’où la nécessité de répéter les
séances. Lorsque le patient réagit de façon bénéfique aux premières séances de
stimulations, on n’observera jamais de baisse d’efficacité après les séances
suivantes. Avec le temps, on peut souvent mais progressivement espacer les
séances.