La Stimulation Magnetique Transcranienne « LARGE CHAMP » et Périphérique

Dominique Parain MD PhD
 

PRINCIPES

Au début du XXème siècle, les neurologues utilisaient fréquemment l’électricité, sous forme de courant faradique (courant continu obtenu par piles et transformé en courant alternatif asymétrique par induction magnétique, pour traiter les paralysies hystériques. Cette technique, appelée « Faradisation », était appliquée au niveau des membres paralysés, avec une certaine efficacité.

Le problème majeur de cette technique était son caractère douloureux. Le courant doit d’abord traverser la peau avant d’arriver aux muscles et nerfs périphériques. La peau est très résistante, entrainant une perte de courant et de la douleur. Cette technique a été particulièrement utilisée durant la première guerre mondiale, du fait d’une épidémie de phénomènes neurologiques fonctionnels, avec une certaine efficacité mais de façon particulièrement barbare (voir « la grand guerre » dans le menu patients). Par la suite, cette méthode a été largement délaissée.

Dans les années 1980, un premier appareil de stimulation magnétique transcrânniene (SMT) a été mise au point, permettant de stimuler avec une bobine circulaire et de façon non douloureuse, une grande partie de la surface corticale de la convexité cérébrale. Le principe est le suivant : un condensateur décharge dans une bobine circulaire pour produire un champ magnétique variable. Ce champ magnétique traverse la boite crânienne sans résistance et induit un courant circulaire dans le cortex cérébral qui, du fait de sa constitution (plusieurs milliards de neurones et leurs axones), est assimilé à un circuit fermé. Selon la loi de Faraday, un champ magnétique variable induit un courant électrique dans ce circuit fermé, qui, dans le cas de la SMT, va activer les neurones corticaux. La première utilisation de ce type de stimulation était à visée diagnostic. Chaque stimulation, entraînant une contraction musculaire diffuse sur les membres, permet un calcul une latence et d’explorer la voie motrice finale. Dans un deuxième temps, la SMT a été et est encore très utilisée à visée thérapeutique mais de façon « focale », c’est-à-dire en stimulant quelques cm² de cortex cérébral avec une bobine en forme de huit.


Bobine en forme de huit

Ce type de stimulation n’est envisageable que pour les pathologies ou il existe une cible identifiée. C’est le cas de la dépression (cortex dorsolatéral préfrontal) et des douleurs neuropathiques (cortex moteur). Le traitement se fait sous forme de séances d’environ 4000 stimulations sur la cible à une fréquence de 5 à 20 HZ (activatrice). Le traitement consiste le plus souvent en une série de cinq séances sur cinq jours successifs puis des séances de rappel tous les mois.

Pour les troubles neurologiques fonctionnels, les réseaux sont complexes (voir hypothèses physiopathologiques) et c’est probablement pour cette raison que la SMT « focale » ne marche pas. En l’absence cible, une SMT « large champ » avec une bobine circulaire est plus logique.



Bobine circulaire

Une séance consiste habituellement en une soixantaine de stimulations transcrâniennes à 1 HZ au seuil moteur. La stimulation périphérique à 3 HZ sur les régions déficitaires ou douloureuses a une efficacité complémentaire. Cette stimulation magnétique traverse la peau de façon indolore et crée des courants en profondeur qui vont stimuler les filets nerveux qui, par voie rétrograde, peuvent influencer les systèmes de contrôle correspondants et améliorer les symptômes neurologiques fonctionnels. On peut considérer la stimulation magnétique périphérique comme la forme moderne de la faradisation des neurologues du début du XXème siècle, plus efficace et surtout beaucoup moins douloureuse.

Dans les paralysies, une séance unique peut suffire. Dans les fibromyalgies, trois séances espacées de trois semaines sont souvent nécessaire pour déterminer si le patient répond à ce type de traitement. Il faudra, par la suite, faire des séances d’entretien espacées de 1 à 3 mois. L’effet thérapeutique peut être immédiat (voir fibromyalgie dans le menu déroulant patient) ou, le plus souvent apparaître au bout de quelques jours. Mais cet effet est transitoire, d’où la nécessité de répéter les séances. Lorsque le patient réagit de façon bénéfique aux premières séances de stimulations, on n’observera jamais de baisse d’efficacité après les séances suivantes. Avec le temps, on peut souvent mais progressivement espacer les séances.